Élections du Conseil national de la presse : polémique autour des listes de journalistes et des cartes professionnelles, et appels au report du scrutin du 15 septembre

Maroc – Des organisations professionnelles de journalistes et d’éditeurs ont demandé au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, de reporter les élections du Conseil national de la presse, prévues le 15 septembre 2026, à une date postérieure aux prochaines élections législatives. Elles appellent également à revoir le processus de préparation du scrutin et à renforcer la concertation avec les différentes organisations professionnelles concernées.

Cette demande figure dans une déclaration adressée au chef du gouvernement le 13 août 2026. Les organisations signataires y expriment des réserves concernant plusieurs mesures prises par la commission provisoire chargée de gérer les missions du Conseil national de la presse. Elles estiment que le calendrier actuel est trop serré et ne permettrait pas, selon leur appréciation, de réunir les conditions nécessaires à l’organisation d’élections professionnelles crédibles.

Le communiqué critique ce qu’il qualifie de « précipitation » dans la fixation des dates et des procédures électorales, notamment la fixation du 15 septembre comme date du scrutin et la publication des listes des journalistes professionnels, avec un délai ne dépassant pas cinq jours pour présenter des demandes d’ajout, sans prévoir clairement la possibilité d’un recours légal contre les listes elles-mêmes.

Selon le contenu du communiqué, les organisations signataires ont également soulevé des réserves concernant l’exactitude et la mise à jour des listes publiées, faisant état de la présence de noms de journalistes décédés et de discussions concernant les conditions d’attribution de la carte professionnelle à certains noms, ainsi que de journalistes qui n’ont pas pu obtenir leur carte professionnelle au cours des deux dernières années.

Le communiqué considère que ces éléments soulèvent des interrogations sur le degré de préparation et la fiabilité des listes électorales. Il souligne que la crédibilité du scrutin exige, en premier lieu, de vérifier le corps électoral des journalistes et de permettre aux personnes éligibles de régulariser leur situation professionnelle et de disposer de cartes de presse à jour.

Les organisations signataires demandent également des éclaircissements sur les critères et conditions retenus pour déterminer les éditeurs et les entreprises de presse habilités à participer au processus électoral, ainsi que les organisations habilitées à être représentées. Elles insistent sur la nécessité de respecter les dispositions légales et la décision de la Cour constitutionnelle, notamment en matière de pluralisme et de représentation professionnelle.

Le communiqué relève également ce qu’il présente comme une absence d’approche participative dans la préparation du scrutin. Selon les signataires, la commission provisoire n’aurait pas reçu les organisations professionnelles afin d’écouter leurs observations et leurs préoccupations. Les différents aspects techniques, organisationnels et administratifs liés au processus de vote n’auraient pas non plus été suffisamment clarifiés.

Les signataires relient également leur demande de report au contexte national précédant les prochaines élections législatives. Ils estiment que l’organisation d’un scrutin professionnel dans la presse au cours de la même période pourrait exercer une pression supplémentaire sur les médias et les journalistes, alors que la presse nationale se prépare à couvrir les prochaines élections législatives.

Le communiqué met en garde contre les risques d’une exploitation politique de cette concomitance ou d’une influence sur le déroulement et les résultats des élections professionnelles. Ces préoccupations sont formulées par les organisations signataires dans le cadre de leur appel à garantir l’indépendance de l’autorégulation de la profession journalistique et l’égalité des chances entre les différents candidats.

Les organisations demandent au chef du gouvernement d’intervenir afin de reporter les élections du Conseil national de la presse à une date postérieure aux élections législatives et d’examiner la possibilité de réorganiser les différentes étapes de leur préparation. L’objectif serait notamment de réviser et de vérifier les listes électorales, de régulariser la situation des cartes professionnelles, de clarifier les critères de participation des éditeurs et d’associer les organisations professionnelles représentatives à la préparation du scrutin.

Le communiqué affirme que la commission provisoire peut continuer, durant cette période, à assurer les missions du Conseil, notamment le renouvellement des cartes professionnelles ainsi que l’exercice des fonctions disciplinaires et d’arbitrage, parallèlement à la préparation d’élections répondant, selon les organisations signataires, aux conditions légales, professionnelles et démocratiques requises.

Cette position intervient dans un contexte de débat persistant autour du processus de reconstitution de l’instance chargée de l’autorégulation de la profession journalistique. Les organisations signataires plaident pour un report du scrutin et une réorganisation de son processus, afin de garantir, selon leur vision, l’élection d’un Conseil bénéficiant d’une légitimité professionnelle plus large et préservant l’indépendance de l’autorégulation de la presse.

Elections of the National Press Council: Dispute over Journalists’ Lists and Professional Press Cards, as Calls Grow to Postpone the September 15 Vote

Morocco – Professional organizations representing journalists and publishers have called on Head of Government Aziz Akhannouch to postpone the elections of the National Press Council, scheduled for September 15, 2026, until after the upcoming legislative elections. They are also calling for a review of the preparation process and greater consultation with the various professional bodies concerned.

The request was made in a statement addressed to the Head of Government on August 13, 2026. The signatories expressed reservations over several measures taken by the interim commission responsible for managing the functions of the National Press Council. They argued that the current timetable is too tight and, in their assessment, does not allow sufficient time to meet the conditions required for credible professional elections.

The statement criticized what it described as “haste” in setting the dates and procedures for the electoral process, particularly the decision to hold the vote on September 15 and the publication of lists of professional journalists, with a deadline of no more than five days for requests to add names, without clearly providing for the possibility of legal challenges to the lists themselves.

According to the statement, the signatory organizations also raised concerns about the accuracy and updating of the published lists, pointing to the inclusion of names of deceased journalists, as well as ongoing questions regarding the conditions for granting professional press cards to certain individuals. They also noted that some journalists had been unable to obtain their professional cards over the past two years.

The statement argues that these issues raise questions about the readiness and accuracy of the electoral lists. It stresses that ensuring the credibility of the elections requires, first and foremost, verifying the journalists’ electoral roll and enabling eligible professionals to regularize their professional status and obtain up-to-date press cards.

The signatories also called for clarification of the criteria and conditions used to determine which publishers and media companies are eligible to participate in the electoral process, as well as which organizations qualify for representation. They stressed the need to comply with legal provisions and with the decision of the Constitutional Court, particularly with regard to pluralism and professional representation.

The statement also highlighted what it described as a lack of a participatory approach in preparing for the elections. According to the signatories, the interim commission did not receive professional organizations to hear their observations and concerns. They also said that various technical, organizational and administrative aspects related to the voting process had not been sufficiently clarified.

The organizations also linked their call for postponement to the national context ahead of the upcoming legislative elections. They argued that holding professional press elections during the same period could place additional pressure on media institutions and journalists, at a time when the national press is preparing to cover the upcoming legislative elections.

The statement warned of the risk that this overlap could be politically exploited or that it could influence the course and outcome of the professional elections. The signatories raised these concerns as part of their call to safeguard the independence of the self-regulation of the journalism profession and ensure equal opportunities for all competing candidates.

The organizations called on the Head of Government to intervene to postpone the National Press Council elections until after the legislative elections and to consider reorganizing the various stages of their preparation. This would include reviewing and verifying the electoral lists, regularizing the status of professional press cards, clarifying the criteria governing publishers’ participation, and involving representative professional bodies in the preparation of the elections.

The statement maintained that the interim commission can continue to manage the Council’s functions during this period, including renewing professional press cards and exercising disciplinary and arbitration responsibilities, while preparations continue for elections that, according to the signatories, meet the required legal, professional and democratic standards.

The position comes amid an ongoing debate over the process of reconstituting the body responsible for the self-regulation of the journalism profession. The signatory organizations are pushing for the elections to be postponed and for the process to be reorganized in a way that would, in their view, ensure the election of a Council with broader professional legitimacy while preserving the independence of press self-regulation.

Source: Fès News Media

About أحمد النميطة