Madrid – Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a écarté ce lundi toute responsabilité des autorités marocaines « de quelque manière que ce soit » dans la crise migratoire qu’a connue la ville de Ceuta, affirmant que les enquêtes sur les événements ayant fait des dizaines de morts se poursuivent toujours.
Dans une déclaration à la radio « Cadena SER », Sánchez a indiqué que les services de renseignement avec lesquels le gouvernement espagnol coopère ne disposent d’aucune information susceptible de faire naître des soupçons quant à une implication des autorités marocaines dans la crise. Il a ajouté que la coopération, et non la méfiance, constitue la voie à suivre pour faire face à la situation.
La crise remonte à la fin du mois de juillet dernier, lorsque des dizaines de milliers de migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et Ceuta à pied ou à la nage. Selon les chiffres avancés par Sánchez, environ 5 000 migrants se trouvent encore à Ceuta, dont quelque 1 200 mineurs non accompagnés, après que la majorité des personnes arrivées sont retournées au Maroc dans la période qui a suivi les événements.
Les opérations de franchissement ont fait, selon les chiffres communiqués par le chef du gouvernement espagnol, 91 morts, dont 80 à Ceuta et 11 du côté marocain.
Sánchez a précisé que les enquêtes se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes des événements. Il a également affirmé qu’une décision rendue par la Cour suprême espagnole le 8 juillet dernier avait été, selon lui, déformée et relayée sous forme de rumeurs et de fausses informations sur les réseaux sociaux, en plus d’avoir été exploitée par des réseaux criminels actifs dans la traite des êtres humains.
Il a ajouté que certaines informations diffusées à l’époque affirmaient qu’il était impossible de renvoyer au Maroc les personnes entrées à Ceuta à la nage, une affirmation qu’il a qualifiée de fausse.
Le président du gouvernement espagnol a également lié la complexité de la situation à Ceuta et Melilla à ce qu’il a décrit comme une « inégalité structurelle » entre les deux côtés de la frontière, faisant référence aux importantes différences en matière d’opportunités et de revenu par habitant.
Sánchez a par ailleurs accusé certains acteurs et réseaux présents sur les réseaux sociaux d’avoir diffusé des rumeurs et de la désinformation après les événements des 30 et 31 juillet. Il a évoqué des comptes qu’il affirme être liés à la Russie et à Israël, ainsi qu’à ce qu’il a qualifié d’« internationale de l’extrême droite », estimant que la question migratoire est exploitée, selon lui, pour attaquer l’Espagne et l’Europe et favoriser les divisions en leur sein.
Sánchez a explicitement affirmé que les informations dont disposent les services de renseignement coopérant avec le gouvernement espagnol ne font état d’aucune implication des autorités marocaines dans la crise, « de quelque manière que ce soit ».
Le chef du gouvernement espagnol a insisté sur le fait que la gestion de la crise migratoire à Ceuta nécessite de renforcer la coopération avec le Maroc plutôt que de l’aborder sous l’angle de la méfiance. Il a également annoncé des aides supplémentaires de 168 millions d’euros en faveur de Ceuta afin de faire face aux conséquences de la crise et à ses répercussions économiques.
Ceuta.. Sánchez rules out any Moroccan responsibility for migration crisis and confirms investigations are ongoing
Madrid – Spanish Prime Minister Pedro Sánchez on Monday ruled out any responsibility on the part of Moroccan authorities “in any way” for the migration crisis that affected the city of Ceuta, stressing that investigations into the events that left dozens dead are still ongoing.
Speaking to radio station “Cadena SER,” Sánchez said that the intelligence services cooperating with the Spanish government had no information raising doubts about any involvement by Moroccan authorities in the crisis. He added that cooperation, rather than mistrust, was the way forward in addressing the situation.
The crisis dates back to late July, when tens of thousands of migrants crossed the border between Morocco and Ceuta on foot or by swimming. According to figures provided by Sánchez, around 5,000 migrants remain in Ceuta, including approximately 1,200 unaccompanied minors, after most of those who arrived returned to Morocco in the period following the events.
According to figures cited by the Spanish prime minister, the crossings resulted in 91 deaths, including 80 in Ceuta and 11 on the Moroccan side.
Sánchez said investigations were still underway to determine the circumstances surrounding what happened. He also stated that a ruling issued by Spain’s Supreme Court on July 8 had, in his view, been distorted and circulated as rumors and misinformation on social media, while also being exploited by criminal networks involved in human trafficking.
He added that some of the information circulated at the time claimed that people who entered Ceuta by swimming could not be returned to Morocco, describing that claim as false.
The Spanish prime minister linked the complexity of the situation in Ceuta and Melilla to what he described as “structural inequality” between the two sides of the border, pointing to major differences in opportunities and per-capita income.
Sánchez also accused certain actors and social media networks of spreading rumors and misinformation following the events of July 30 and 31. He referred to accounts he said were linked to Russia and Israel, as well as what he described as the “international far right,” arguing that migration is being exploited, in his view, to attack Spain and Europe and create divisions within them.
Sánchez explicitly stressed that the information available to the intelligence services cooperating with the Spanish government does not point to any involvement by Moroccan authorities in the crisis “in any way.”
The Spanish prime minister emphasized that addressing the migration crisis in Ceuta requires strengthening cooperation with Morocco rather than approaching it through a logic of mistrust. At the same time, he announced additional aid worth €168 million for Ceuta to help address the crisis and its economic repercussions.
Source: Fès News Media
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