International – Les relations entre la Tunisie et la France sont entrées dans une nouvelle phase de tension après que le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé la convocation de l’ambassadrice de France à Tunis pour protester contre la diffusion, par la chaîne France 24, d’une interview de l’ancien président tunisien Moncef Marzouki contenant de vives critiques de la situation politique dans le pays.
Dans un communiqué officiel, le ministère tunisien des Affaires étrangères a indiqué que cette convocation visait à exprimer une « vive protestation » contre ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie. Le ministère estime que les déclarations diffusées portent atteinte à la souveraineté de l’État, à sa sécurité nationale et à ses institutions, ajoutant que leur contenu est susceptible d’alimenter les divisions internes.
Les déclarations de Moncef Marzouki, diffusées par France 24 en arabe puis en français, ont suscité une large réaction après qu’il a affirmé que « l’alternative à Kaïs Saïed est en train d’être préparée en dehors de la Tunisie ». Il a également estimé que le pays traverse une crise politique sans précédent et que la situation actuelle pourrait devenir encore plus complexe.
L’ancien président tunisien, installé en France depuis plusieurs années, a également déclaré qu’il pensait que des discussions et des initiatives concernant l’après-Kaïs Saïed étaient en cours, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger. Ces propos ont alimenté un vif débat entre les partisans et les opposants du pouvoir.
En réponse, les autorités tunisiennes ont tenu France 24 pour responsable de la diffusion de ce qu’elles qualifient de « fausses allégations » et de « contenus incitant à la division ». Elles ont estimé que le statut de média public de la chaîne engage également une responsabilité morale de l’État français et ont appelé Paris à prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la répétition de telles pratiques.
Moncef Marzouki est l’un des principaux opposants au président Kaïs Saïed. Plusieurs condamnations par contumace à des peines de prison ont été prononcées contre lui en Tunisie dans des affaires que les autorités tunisiennes présentent comme étant liées à des atteintes à la sûreté de l’État.
Ces développements interviennent alors que les tensions politiques persistent en Tunisie depuis les mesures exceptionnelles annoncées par le président Kaïs Saïed en juillet 2021, lesquelles ont profondément modifié l’équilibre des pouvoirs dans le pays. Ces mesures ont suscité des critiques de la part de plusieurs acteurs politiques et organisations de défense des droits humains, tandis que les autorités affirment qu’elles visent à protéger les institutions de l’État et à lutter contre la corruption.
Tunisia Summons French Ambassador Following Marzouki Interview; Former President Says “An Alternative to Kais Saied Is Being Prepared Outside Tunisia”
International – Relations between Tunisia and France have entered a new phase of tension after Tunisia’s Ministry of Foreign Affairs announced that it had summoned the French Ambassador to Tunis to protest the broadcast by France 24 of an interview with former Tunisian President Moncef Marzouki, which included strong remarks about the country’s political situation.
In an official statement, the Tunisian Foreign Ministry said the ambassador was summoned to express its “strong protest” over what it described as interference in Tunisia’s internal affairs. The ministry argued that the interview contained statements that undermine the country’s sovereignty, national security, and state institutions, adding that its content could fuel internal divisions.
Marzouki’s remarks, broadcast by France 24 in Arabic and later in French, drew widespread attention after he stated that “an alternative to Kais Saied is being prepared outside Tunisia.” He also argued that Tunisia is experiencing an unprecedented political crisis and warned that the current situation could become even more complicated.
The former Tunisian president, who has been living in France for several years, further stated that he believes discussions and initiatives concerning the post-Kais Saied era are taking place both inside and outside Tunisia. His comments sparked considerable debate among supporters and opponents of the current government.
In response, the Tunisian authorities held France 24 responsible for broadcasting what they described as “false allegations” and “inciting content.” They argued that, as a publicly funded media outlet, the French broadcaster entails a moral responsibility on the part of the French state, and they called on Paris to take the necessary measures to prevent similar incidents from recurring.
Moncef Marzouki is one of President Kais Saied’s most prominent political opponents. Several in absentia prison sentences have been issued against him in Tunisia in cases that, according to the Tunisian authorities, are related to offenses against state security.
These developments come amid continuing political tensions in Tunisia following the exceptional measures announced by President Kais Saied in July 2021, which significantly reshaped the country’s balance of power. Those measures have drawn criticism from political groups and human rights organizations, while the Tunisian authorities maintain that they are intended to protect state institutions and combat corruption.
Source:Fès News Media
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