Le Barreau de la Ville de New York a annoncé sa solidarité avec l’Association des Barreaux du Maroc et les barreaux régionaux, exprimant son inquiétude au sujet du projet de loi n° 66.23 relatif à la profession d’avocat. Cette position a été exprimée dans une déclaration publiée par le Comité des affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ainsi que par le Comité des affaires africaines du Barreau.
Le Barreau souligne que l’indépendance de la profession d’avocat et de ses instances représentatives constitue un pilier fondamental pour garantir le bon fonctionnement de la justice, la protection des droits et des libertés ainsi que le respect des principes du procès équitable. Il estime que les préoccupations exprimées par les avocats marocains à propos de ce projet de loi méritent un débat sérieux et un dialogue institutionnel.
Le communiqué indique également que plusieurs dispositions du projet de loi, telles qu’elles ont été présentées par des professionnels du droit marocains, pourraient avoir des répercussions sur les conditions d’accès à la profession, la formation, l’inscription au barreau, les procédures disciplinaires, la gouvernance, le contrôle financier ainsi que l’exercice collectif de la profession. Le Barreau exprime également ses préoccupations quant à l’élargissement des compétences de certaines autorités exécutives, judiciaires et des organismes d’audit dans des domaines traditionnellement relevant des barreaux, ce qui pourrait affecter le principe de l’autorégulation de la profession.
Le Barreau fait en outre part de ses craintes quant au fait que certains mécanismes disciplinaires proposés puissent limiter la capacité des avocats à exercer librement leur mission de défense, notamment dans les affaires impliquant les institutions de l’État, les dossiers politiquement sensibles ou les affaires concernant les personnes vulnérables. Il rappelle qu’un avocat doit pouvoir représenter ses clients sans intimidation, sans ingérence illégitime et sans crainte de représailles.
Par ailleurs, le Barreau de la Ville de New York a réaffirmé son respect du droit du Royaume du Maroc à réformer son système juridique et à renforcer la transparence ainsi que la responsabilité. Il estime toutefois que le succès de toute réforme dépend d’un véritable dialogue avec les organisations professionnelles, considérées comme des partenaires essentiels dans la consolidation de la justice et la garantie du droit des citoyens à une défense indépendante.
Le Barreau appelle le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, à engager un dialogue sérieux et renouvelé avec l’Association des Barreaux du Maroc et les représentants élus de la profession, afin de préserver l’indépendance des avocats, l’autonomie de leurs institutions et les garanties liées à la mission de défense, conformément aux principes de l’État de droit et du procès équitable.
L’organisation américaine conclut son communiqué en affirmant que les avocats doivent demeurer libres de défendre les justiciables, de fournir une assistance juridique aux personnes vulnérables et de lutter contre toute forme d’abus. Elle considère que l’indépendance de la profession d’avocat constitue l’un des fondements essentiels de la confiance des citoyens dans la justice ainsi que de la protection des droits et des libertés, appelant toutes les parties concernées à prendre au sérieux les préoccupations des avocats marocains et à poursuivre les réformes dans le cadre du dialogue et du respect des institutions.
New York City Bar Association Expresses Solidarity with Moroccan Lawyers and Raises Concerns Over the Draft Law Governing the Legal Profession
The New York City Bar Association has expressed its solidarity with the Association of Moroccan Bar Associations and regional bar associations, voicing concern over Draft Law No. 66.23 governing the legal profession. The position was set out in a statement issued by the Association’s Middle East and North Africa Affairs Committee and African Affairs Committee.
The Bar Association emphasized that the independence of the legal profession and the autonomy of bar associations are fundamental pillars for ensuring the proper administration of justice, protecting rights and freedoms, and upholding the principles of a fair trial. It stated that the concerns raised by Moroccan lawyers regarding the proposed legislation deserve serious consideration and meaningful institutional dialogue.
According to the statement, a number of provisions contained in the draft law, as presented by Moroccan legal professionals, could affect the conditions for admission to the profession, legal training, bar registration, disciplinary procedures, governance, financial oversight, and the practice of law through professional partnerships. The Association also expressed concern that expanding the authority of certain executive and judicial bodies, as well as audit institutions, into areas that have traditionally fallen under the jurisdiction of bar associations could undermine the profession’s principle of self-regulation.
The Bar Association further warned that some of the proposed disciplinary mechanisms could restrict lawyers’ ability to perform their duties independently, particularly in cases involving state institutions, politically sensitive matters, or cases concerning vulnerable groups. It stressed that lawyers must be able to represent their clients without intimidation, improper interference, or fear of retaliation.
At the same time, the New York City Bar Association reaffirmed its respect for the Kingdom of Morocco’s right to reform its legal system and strengthen transparency and accountability. However, it noted that the success of any reform depends on genuine dialogue with professional organizations, recognizing them as essential partners in strengthening the justice system and safeguarding citizens’ right to independent legal representation.
The Association called on Minister of Justice Abdellatif Ouahbi to engage in a serious and renewed dialogue with the Association of Moroccan Bar Associations and the profession’s elected representatives in order to preserve the independence of lawyers, the autonomy of their institutions, and the guarantees associated with the legal profession, in accordance with the principles of the rule of law and fair trial standards.
The American legal organization concluded its statement by emphasizing that lawyers must remain free to defend litigants, provide legal advice to vulnerable groups, and challenge abuses of power. It affirmed that the independence of the legal profession is one of the essential foundations for maintaining public confidence in the judiciary and protecting rights and freedoms, calling on all concerned parties to take the concerns of Moroccan lawyers seriously and to pursue legal reforms through dialogue and respect for institutional processes.
Source:Fès News Media
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