Le rapport annuel du Médiateur du Royaume remis au Roi révèle des dysfonctionnements administratifs et appelle au renforcement de l’État de droit

Rabat – Le Médiateur du Royaume a tiré la sonnette d’alarme face à la persistance du non-respect ou du retard dans l’exécution des décisions judiciaires définitives par certaines administrations publiques. Selon le rapport annuel de l’institution au titre de l’année 2025, remis à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ces pratiques constituent un véritable défi à l’État de droit et portent atteinte au principe de sécurité juridique et judiciaire.

Le rapport souligne que l’Institution du Médiateur du Royaume accorde une attention particulière aux réclamations relatives à l’exécution des décisions de justice, malgré leur nombre limité par rapport aux autres plaintes. Le respect des décisions judiciaires est considéré comme l’un des principaux indicateurs de l’attachement de l’administration à la légalité, à la bonne gouvernance et au renforcement de la confiance des citoyens envers les institutions.

L’institution relève que certaines administrations continuent de refuser d’exécuter les jugements ou d’en retarder l’application sans justification juridique valable, même après qu’ils sont devenus définitifs. Certaines invoquent des contraintes organisationnelles ou des procédures internes pour expliquer ces retards, tandis que d’autres se fondent sur leur interprétation de l’article 9 de la loi de finances afin de différer ou de fractionner l’exécution, au lieu de prévoir les crédits budgétaires nécessaires et d’exécuter les décisions dans des délais raisonnables.

Le rapport constate également que certaines administrations continuent de justifier l’inexécution des décisions judiciaires par l’insuffisance ou l’absence de crédits budgétaires, sans prendre les mesures nécessaires pour inscrire les montants dus dans les budgets annuels ou rechercher des solutions garantissant le respect des décisions de justice.

Dans le même contexte, le rapport critique ce qu’il qualifie d’« exécution partielle » des jugements, certaines administrations se limitant à appliquer formellement le dispositif des décisions sans en tirer les conséquences juridiques, administratives et financières, obligeant ainsi les citoyens à retourner devant les tribunaux pour faire valoir des droits déjà reconnus par la justice.

L’institution relève également que certaines administrations utilisent les recours judiciaires, bien qu’ils ne suspendent pas légalement l’exécution, comme prétexte pour retarder l’application des décisions. Elle dénonce aussi le non-respect des accords de règlement amiable conclus avec les citoyens, notamment ceux portant sur l’échelonnement des indemnisations, avant de revenir sur les engagements pris, ce qui nuit à la confiance des usagers envers l’administration.

Parmi les autres dysfonctionnements relevés figurent l’exigence, par certaines administrations, de l’original de la copie exécutoire du jugement alors que celui-ci figure déjà au dossier d’exécution, ainsi que l’immatriculation de biens expropriés au nom de l’administration avant le versement des indemnités dues ou leur consignation auprès de la Caisse de Dépôt et de Gestion.

À cet égard, le rapport révèle que l’Institution du Médiateur du Royaume a soumis au Chef du gouvernement une proposition visant à obliger les administrations à verser les indemnisations ou à les consigner avant l’achèvement des procédures de transfert de propriété. Selon le rapport, l’appropriation de biens sans paiement préalable de la compensation constitue une atteinte au droit de propriété et porte atteinte à la crédibilité de l’administration.

Le rapport conclut que la persistance de ces pratiques entrave l’exécution des décisions judiciaires définitives, affaiblit la sécurité juridique et judiciaire et renforce le sentiment d’injustice chez les citoyens, en contradiction avec les dispositions de l’article 126 de la Constitution, qui impose à tous, y compris aux administrations publiques, l’exécution des décisions judiciaires définitives.


English Version Annual Report Submitted to the King by the Ombudsman of the Kingdom Highlights Administrative Shortcomings and Calls for Strengthening the Rule of Law

Rabat – The Ombudsman of the Kingdom has raised concerns over the continued failure or delay by some public administrations to implement final court judgments. According to the institution’s 2025 annual report, submitted to His Majesty King Mohammed VI, such practices represent a serious challenge to the rule of law and undermine the principles of legal and judicial certainty.

The report explains that the Institution of the Ombudsman of the Kingdom pays particular attention to complaints related to the enforcement of court judgments, despite their relatively small number compared with other complaints. Respect for judicial decisions is regarded as one of the key indicators of an administration’s commitment to legality, good governance, and public confidence in state institutions.

The institution found that some administrations continue to refuse or delay the enforcement of final judgments without acceptable legal justification, even after the rulings have become legally binding. Some authorities cite administrative complexities or internal procedures to justify delays, while others rely on interpretations of Article 9 of the Finance Law to postpone or divide the execution of judgments instead of allocating the necessary budgetary resources and implementing them within a reasonable timeframe.

The report also notes that some administrations continue to invoke insufficient or unavailable budget allocations as a reason for non-compliance, without taking the necessary steps to include the awarded amounts in annual budgets or seeking solutions that ensure the execution of court rulings.

In the same context, the report criticizes what it describes as the “partial enforcement” of judgments, whereby certain administrations formally implement only the operative part of a ruling without giving effect to its legal, administrative, and financial consequences. As a result, citizens are forced to return to court to claim rights that have already been recognized by judicial decisions.

The institution further observed that some administrations use judicial appeals—despite the fact that such appeals do not legally suspend enforcement—as a justification for delaying implementation. It also criticized the failure to honor amicable settlement agreements concluded with citizens, particularly those concerning compensation payments in installments, after previously committing to those agreements, thereby undermining citizens’ trust in public administration.

Among the shortcomings highlighted in the report is the requirement by some administrations for the original enforceable copy of a judgment even though it is already included in the enforcement file. The report also points to cases where expropriated properties are registered in the administration’s name before compensation has been paid or deposited with the Deposit and Management Fund.

In this context, the report reveals that the Institution of the Ombudsman of the Kingdom submitted a proposal to the Head of Government calling for public administrations to be required to pay or deposit compensation before completing property transfer procedures. It considers the acquisition of property without prior payment of compensation to be an infringement of property rights and a practice that undermines the credibility of public administration.

The report concludes that the continuation of these practices obstructs the enforcement of final judicial decisions, weakens legal and judicial certainty, and reinforces citizens’ sense of injustice, contrary to Article 126 of the Constitution, which makes the enforcement of final court judgments binding on everyone, including public administrations.

● Download link for the Ombudsman of the Kingdom’s 2025 Annual Report submitted to His Majesty the King.

https://www.sgg.gov.ma/BO/AR/3111/2026/BO_7526-bis_Ar.pdf

Source:Fès News Media

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