Le Dr Mohamed Ghazioul sur Medi1TV : le projet de loi sur les adouls manque de vision réformatrice et perpétue les dysfonctionnements existants

Fès News – Exclusif

Le projet de loi n°51.26 relatif à l’organisation de la profession des adouls suscite un large débat au sein des milieux juridiques et universitaires, en raison des divergences d’appréciation quant à sa capacité à accompagner les mutations que connaît le secteur de l’authentification au Maroc.

Dans ce contexte, le Dr Mohamed Ghazioul, professeur de l’enseignement supérieur spécialisé en droit de l’authentification à l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, a livré une analyse critique du projet lors de son intervention dans l’émission « Moujtamaâ Attahaddi » sur Medi1TV. Il a estimé que le texte, dans sa version actuelle, ne reflète pas une véritable volonté de réforme globale de la profession et ne répond pas aux difficultés rencontrées quotidiennement par les adouls.

Selon lui, le projet reprend plusieurs dispositions traditionnelles sans proposer de vision moderne adaptée aux évolutions juridiques et administratives qu’a connues le Maroc ces dernières années. Il considère que cette réforme législative devrait constituer une occasion de moderniser la profession et de renforcer sa place au sein du système judiciaire.

Parmi les principaux points soulevés figure la qualification de l’adoul comme « auxiliaire de justice », une définition que le professeur juge inadaptée à la réalité de sa mission dans l’authentification des actes et la sécurisation des relations contractuelles. Il a souligné que les adouls exercent des fonctions essentielles qui dépassent largement cette qualification.

Le Dr Ghazioul a également plaidé pour une révision du principe de compétence territoriale afin de permettre aux adouls d’exercer sur l’ensemble du territoire national. Selon lui, le maintien des restrictions géographiques ne correspond plus aux exigences de la modernisation de l’administration ni à la simplification des procédures au bénéfice des citoyens.

Il a aussi abordé la question du caractère officiel des actes adoulaires, estimant que le maintien de certaines procédures de légalisation soulève des interrogations quant à l’égalité des prérogatives entre les différentes professions de l’authentification. Il appelle à une révision de ces dispositions afin de renforcer la confiance dans les actes adoulaires et d’assurer une plus grande équité entre les professionnels.

En conclusion de son intervention sur Medi1TV, le Dr Mohamed Ghazioul a insisté sur le fait que la réforme de la profession des adouls doit s’inscrire dans une vision stratégique tenant compte des mutations économiques, sociales et numériques, tout en plaçant l’intérêt du citoyen et la qualité des services d’authentification au cœur de toute réforme législative. Il estime que le projet actuel nécessite une révision plus approfondie pour atteindre les objectifs escomptés.


Dr. Mohamed Ghazioul on Medi1TV: Draft Law on Adouls Lacks Reform Vision and Perpetuates Existing Shortcomings

Fès News – Exclusive

Draft Law No. 51.26 regulating the profession of adouls (Islamic notaries) has sparked broad debate among legal and academic circles, with differing opinions over its ability to keep pace with the changes affecting Morocco’s authentication and legal documentation sector.

In this context, Dr. Mohamed Ghazioul, a university professor specializing in documentation law at Sidi Mohamed Ben Abdellah University in Fès, presented a critical assessment of the draft during his appearance on the “Moujtamaâ Attahaddi” program on Medi1TV. He argued that the proposed legislation, in its current form, does not reflect a comprehensive reform of the profession and fails to address the challenges adouls face in their daily practice.

Dr. Ghazioul stated that the draft reproduces several traditional provisions without introducing modern approaches consistent with the legal and administrative reforms Morocco has experienced in recent years. In his view, legislative reform should represent an opportunity to modernize the profession and strengthen its position within the justice system.

Among the issues he highlighted was the classification of the adoul as an “auxiliary to the judiciary,” a description he believes does not accurately reflect the role played by adouls in authenticating legal transactions and ensuring contractual security. He stressed that the profession performs key functions that extend far beyond this legal classification.

The university professor also called for revising the territorial jurisdiction rules to allow adouls to practice nationwide. He argued that maintaining geographical restrictions is no longer compatible with efforts to modernize public administration and simplify procedures for citizens.

Dr. Ghazioul further addressed the official legal status of adoul-authenticated documents, noting that the continuation of certain legalization procedures raises questions about equal authority among the different legal documentation professions. He called for revising these provisions to strengthen confidence in adoul documents and ensure greater equality among professionals.

Concluding his remarks on Medi1TV, Dr. Mohamed Ghazioul emphasized that reforming the adoul profession should be based on a strategic vision that takes into account economic, social, and digital transformations while placing citizens’ interests and the quality of legal documentation services at the center of any legislative reform. He maintained that the current draft requires a more comprehensive revision to achieve its intended objectives.

Source: Fès News Media

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