Boulemane – Des acteurs locaux de la commune de Skoura M’daz, dans la province de Boulemane, ont fait état de ce qu’ils décrivent comme une grave crise du transport public. Plusieurs douars, notamment Tizi Noura, AmaniLa, Tizif et Tighdouine, rencontreraient d’importantes difficultés de déplacement, dans un contexte marqué par l’arrêt de ce qui est communément appelé localement le « transport clandestin » et l’absence d’alternatives légales et régulières capables de répondre aux besoins des habitants.
Selon ces acteurs locaux, les habitants de ces douars dépendaient largement de véhicules assurant des services de transport non autorisés, notamment durant l’hiver et les périodes de chutes de neige. Ces moyens de transport constituaient, selon eux, un outil essentiel pour désenclaver les zones montagneuses et les relier aux centres voisins.
D’après les mêmes sources, ces véhicules ne servaient pas uniquement au transport des personnes. Ils étaient également utilisés dans les situations d’urgence, notamment pour acheminer les malades vers les centres de santé et les hôpitaux, en raison du nombre limité de moyens d’ambulance. Les habitants y avaient également recours pour leurs déplacements quotidiens et pour se rendre aux marchés hebdomadaires.
Les acteurs locaux soulignent par ailleurs que l’absence ou l’insuffisance du transport scolaire dans la région contraint plusieurs familles à recourir à ces moyens pour transporter les enfants, les élèves et les étudiants vers leurs établissements. Ils estiment que la persistance de cette crise accentue les difficultés liées à la scolarisation et aux déplacements des familles vivant dans les douars enclavés.
En revanche, les mêmes sources expliquent que les propriétaires de ces véhicules évitent désormais, selon les témoignages recueillis auprès des habitants, d’assurer ces services en raison des craintes liées aux contrôles, aux sanctions et à la mise en fourrière des véhicules. Elles estiment que l’application de la loi sans mise en place d’une alternative de transport a laissé plusieurs douars dans une situation particulièrement difficile.
Les acteurs locaux évoquent également la mise en fourrière de certains véhicules dans le dépôt municipal, communément appelé localement « Fouriane », dans le cadre de l’application des mesures légales par les services compétents, ce qui aurait contribué, selon eux, à l’arrêt de l’activité de plusieurs conducteurs.
Les mêmes sources font également état d’un différend lié à des plaintes déposées par le propriétaire d’un moyen de transport autorisé au départ de la zone de Tafraout. Les habitants considèrent toutefois que la ligne de transport autorisée ne dessert pas plusieurs douars isolés, dont les populations dépendaient des véhicules locaux pour leurs déplacements et leurs besoins quotidiens.
Les acteurs locaux soulignent que les conséquences de cette crise touchent particulièrement les personnes vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les personnes âgées et les malades. Ils citent notamment le cas d’un citoyen en situation de handicap qui serait resté bloqué pendant deux jours, après avoir été dans l’impossibilité de se rendre à Kikeo pour effectuer ses démarches, en raison de la crainte des conducteurs de voir leurs véhicules arrêtés ou saisis.
Les mêmes sources indiquent également que certaines personnes âgées sont désormais contraintes de parcourir de longues distances à pied pour rejoindre les marchés et subvenir à leurs besoins, estimant que la persistance de cette situation aggrave les difficultés des habitants, particulièrement dans les zones montagneuses confrontées à des conditions climatiques difficiles en hiver.
Les acteurs locaux dénoncent ce qu’ils considèrent comme un paradoxe entre les difficultés de déplacement rencontrées par les habitants de certains douars et le développement des moyens de transport dans plusieurs villes marocaines. Ils estiment que la résolution de la crise du transport dans les zones rurales et montagneuses constitue désormais une nécessité pour garantir des conditions de vie minimales et désenclaver les populations.
Dans ce contexte, les acteurs locaux appellent le gouverneur de la province de Boulemane et les autorités compétentes à trouver une solution légale et durable à la crise du transport, garantissant aux habitants un moyen de déplacement sûr et régulier et mettant fin au vide créé par l’arrêt des moyens de transport non autorisés.
Ils demandent également la mise en place de lignes de transport autorisées desservant effectivement les douars concernés, afin de les relier aux centres voisins, aux établissements scolaires, aux marchés et aux structures de santé, tout en tenant compte des spécificités des zones montagneuses et de leur répartition démographique.
Certaines parties prenantes proposent également, à titre transitoire, d’étudier la situation des propriétaires des véhicules qui assuraient auparavant ces services de transport et d’examiner, dans le respect de la législation, la possibilité de mettre en place des formules légales ou des autorisations appropriées permettant de tirer parti de leur expérience et de leurs moyens dans un cadre organisé et sécurisé.
Les acteurs locaux insistent enfin sur le fait que le problème ne réside pas uniquement, selon eux, dans l’interdiction du transport non autorisé, mais également dans la nécessité de mettre en place une alternative légale et concrète parallèlement à l’application de la loi, afin que les opérations de contrôle ne deviennent pas un facteur supplémentaire d’isolement des habitants des douars éloignés.
Boulemane.. Local actors raise alarm over severe transport crisis in Skoura M’daz and warn of further isolation of remote villages
Boulemane – Local actors in the commune of Skoura M’daz, in Boulemane Province, have raised concerns over what they describe as a severe public transport crisis. Several douars, including Tizi Nourar, Amanila, Tizif and Tighdouine, are reportedly facing major difficulties in getting around, amid the suspension of what is locally known as “unlicensed transport” and the absence of regular, legal alternatives capable of meeting residents’ needs.
According to local actors, residents of these douars had relied heavily on vehicles providing unauthorized transport services, particularly during the winter and periods of snowfall. These vehicles were considered an essential means of connecting mountainous areas with nearby urban centres and helping to break their isolation.
The same sources said that these vehicles were not used solely for passenger transport. They were also relied upon in emergencies, particularly to take patients to health centres and hospitals, given the limited availability of ambulances. Residents also used them for their daily needs and to travel to weekly markets.
Local actors further pointed out that the lack or limited availability of school transport in the area has forced a number of families to rely on these vehicles to transport children, pupils and students to educational institutions. They argue that the continuing transport crisis is worsening the difficulties faced by families living in isolated douars in accessing education and travelling to other areas.
At the same time, the same sources said that the owners of these vehicles have, according to residents’ accounts, increasingly avoided providing transport services because of concerns over inspections, penalties and vehicle seizures. They argue that enforcing the law without providing an alternative means of transport has left several douars in a particularly difficult situation.
Local actors also reported that some vehicles had been impounded at the municipal depot, locally known as the “Fouriane”, as part of law-enforcement measures carried out by the competent authorities. According to them, this contributed to several drivers stopping their activities.
The same sources also referred to a dispute linked to complaints filed by the owner of a licensed transport service operating from the Tafraout area. Residents argue, however, that the licensed route does not reach several isolated douars whose populations had depended on local vehicles for their daily needs and travel to neighbouring centres.
Local actors stressed that the impact of the crisis is particularly severe for vulnerable groups, including people with disabilities, elderly people and patients. They cited the case of a person with a disability who allegedly remained stranded for two days after being unable to travel to Kikeo to attend to personal matters, amid drivers’ fears that their vehicles could be stopped or impounded.
The sources also said that some elderly residents have been forced to walk long distances to reach markets and meet their daily needs. They consider that the continuation of the situation is increasing residents’ hardship, particularly in mountainous areas that face difficult weather conditions during the winter.
Local actors expressed their concern over what they consider a stark contrast between the transportation difficulties experienced by residents of some douars and the development of transport services in several Moroccan cities. They argue that addressing the transport crisis in rural and mountainous areas has become essential to ensuring minimum living conditions and reducing the isolation of local communities.
In this context, local actors are calling on the Governor of Boulemane Province and the relevant authorities to find a legal and sustainable solution to the transport crisis, ensuring residents have access to safe and regular transportation while ending the vacuum created by the suspension of unauthorized transport services.
They are also calling for licensed transport routes to effectively serve the affected douars and connect them with neighbouring centres, schools, markets and healthcare facilities, while taking into account the specific geographical and demographic characteristics of mountainous areas.
Some local actors have also proposed, as a transitional solution, examining the situation of vehicle owners who previously provided transport services and exploring, within the limits of the law, appropriate legal arrangements or permits that could allow their experience and vehicles to be used within an organized and safe framework.
The local actors stress that the core issue, in their view, is not merely the prohibition of unauthorized transport, but also the need to provide a practical and legal alternative alongside law enforcement, so that inspection measures do not become an additional factor contributing to the isolation of residents of remote douars.
Source: Fès News Media
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